Créer des mares temporaires suffit-il à restaurer la biodiversité végétale ? 150 ans de recul en Camargue
En Camargue, des dizaines de mares temporaires ont été créées depuis le 19e siècle, de manière fortuite (excavation pour récupération de sédiment) ou pour compenser la destruction massive de zones humides naturelles. Une étude récente publiée dans Restoration Ecology dresse un bilan inédit sur 150 ans de trajectoires végétales, en comparant 24 mares créées à 27 mares naturelles de référence.Ce que montre l'étude :
- les macrophytes submergées (e.g. characées, zannichelies, ruppies) colonisent rapidement les mares créées et convergent en quelques décennies vers les communautés naturelles, même des espèces protégées y sont présentes ;
- les communautés végétales émergentes à haute valeur patrimoniale, indicatrices de l'habitat prioritaire Natura 2000 "Mares temporaires méditerranéennes" (code UE : 3170*), restent quasi absentes des mares créées, y compris les plus anciennes (150 ans) ;
- et enfin la richesse spécifique totale ne diffère pas entre mares créées et naturelles, soulignant les limites de cet indicateur pour évaluer le succès d'une restauration.
Les objectifs de restauration doivent intégrer l'ensemble de l'écosystème et s'appuyer sur un suivi à long terme tenant compte de la variabilité environnementale, un enjeu d'autant plus critique face au changement climatique méditerranéen.
Pour en savoir plus lien vers l'article : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/rec.70372